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L'histoire
de la Révélation du Coran
Nous sommes au mois de Ramadan de l’an 610.
Le futur Prophète de l’islam, Mohamed (Paix
Soit Sur Lui), a pris l’habitude de s’isoler
pour méditer et chercher la voie de Dieu,
dans une caverne proche de la Mecque, sur le
mont Hira. Plusieurs semaines passent. Et
puis, la nuit qui précède le 27 ème jour du
mois, soudain, une apparition : un être de
lumière.
Ecoutons 1e récit du Prophète Mohammad sws
lui-même: “Il m’apprit qu’il était l’ange
Gabriel, que Dieu l’avait envoyé pour
m’annoncer qu’il m’avait choisi pour son
messager L’ange m’apprit à faire mes
ablutions, et lorsque je revins le corps
purifié, il me demanda de lire. Je répondis
: “ Je ne sais pas lire “.
Il me prit dans ses bras et me serra très fort, et me
laissant ensuite, il me demanda encore une fois de lire.
Je lui dis “Mais je ne sais lire”. Il me serra de
nouveau et plus fort, puis me demanda de lire, et je
répondis que je ne savais pas lire. Il me prit dans ses
bras pour la troisième fois et m’ayant serré encore plus
fort qu’avant, il me lâcha et dit :
“Lis au nom de ton Seigneur qui a créé ! Qui a créé
l’homme d’une adhérence. Lis ! Car ton Seigneur est le
Très-Généreux, Qui a enseigné par le calame, Qui a
enseigné à l’homme ce qu’il ignorait”.
Et Gabriel s’en fut, laissant Mohammad sws en état de
choc.
L’événement marque pour lui le début de la Prophétie, à
40 ans. Mais il devra attendre trois longues années
avant que de nouveau la révélation divine le touche. Car
il s’agit bien, comme son récit en témoigne, d’une
révélation et non d’une simple inspiration d’écrivain.
Le Coran, tout comme les autres textes sacrés reconnus
comme tels (la Torah et ‘Evangile par exemple) est
“révélé” en ce sens précis qu’il est comme dicté mot à
mot au Prophète Mohammad sws, qui doit restituer
fidèlement le message divin à son Peuple.
Après trois ans de silence donc, les révélations
reprennent, et s’étaleront dans le temps sur les vingt
dernières années de Mohammad sws, dont les dix dernières
se dérouleront à Médine. En effet, le Coran n’apparaîtra
pas soudain d’un bloc, construit et définitif. Mais il
se révèlera aux hommes par fragments, au gré des
circonstances, apportant tel éclaircissement ou telle
voie à suivre lorsque le besoin d’être guidé se fera
sentir.
Pour autant, les lecteurs du Coran savent que celui-ci
n’est pas une suite de versets sans queue ni tête, mais
au contraire un ensemble homogène de 114 sourates.
L’explication de ce mystère nous est donnée dans le
Coran lui-même “Nous avons fragmenté le Coran pour que
tu ne le récites aux hommes que peu à peu, mais certes
nous l’avons révélé”. (sourate 17, verset 107)
Mohammad sws qui ne savait ni lire ni écrire, insiste
d’abord auprès de ses compagnons pour que les versets
soient appris par cœur au fur et à mesure des
révélations : on les récitera aux prières liturgiques.
En particulier, le Prophète Mohammad sws a pris
l’habitude, durant le mois de Ramadan, de réciter la
totalité du Coran alors connue, lors de prières
supplémentaires, les prières du Tarawih. Sous la
surveillance de Gabriel, la mémoire de Mohammad sws
devenait “plus féconde que le vent portant la pluie”. Et
pendant le dernier Ramadan de Mohammad sws, Gabriel lui
fera réciter par deux fois la totalité du Coran, lui
signifiant ainsi doublement l’achèvement de sa mission
et sa mort prochaine. La tradition d’apprendre le Coran
par coeur est donc bien ancrée dans le coeur des
musulmans.
Mais les compagnons lettrés prennent également
l’habitude de noter les versets par écrit. A partir de
quelle date exactement, on ne le sait. Toujours est-il
que cinq ans après la première révélation, des traces
écrites existent déjà. Et de cela on en est sûr, car
c’est à cette époque que le futur Calife Omar, séduit
par la lecture de la sourate 20, se convertit à l’islam.
Cette transcription du Coran, alors qu’à cette époque,
n’existe par écrit en langue arabe qu’un petit nombre de
poèmes, trouve somme toute son bien fondé dans le fait
que la première révélation parle déjà de l’importance de
l’écrit, de l’enseignement par le calame.
Tout comme le Prophète sws faisait réciter ses
Compagnons, il dicte aux scribes les versets, faute de
papier (il n’est pas encore inventé) tous les matériaux
sont bons : morceaux de parchemin, cuir tanné, tablettes
de bois, omoplates de chameaux, morceaux de poterie,
nervures médianes des dattiers... Au fur et à mesure,
les versets, comme un puzzle s’agenceront, le Prophète
Mohammad sws précisant l’emplacement des versets dans
les sourates, et des sourates dans l’ensemble du Livre.
En effet, si quelquefois, toute une sourate fut révélée
d’un coup, à d’autres occasions, les fragments d’un même
chapitre vinrent avec des intervalles, à d’autres
encore, plusieurs sourates étaient commencées
simultanément et se poursuivaient avec des
interruptions.
Par le double contrôle oral et écrit, le Prophète sws
s’assure de la conservation de l’intégrité du texte. Les
mémoires défaillantes peuvent s’appuyer sur un texte
écrit, et dans l’autre sens, les erreurs de copie sont
corrigés grâce à la mémorisation du texte.
Ainsi, pas un iota du texte sacré ne pourra être modifié
par erreur.
Lorsque le Prophète Mohammad sws quitte ce monde,
plusieurs Compagnons ont la chance d’avoir retenu par
coeur la totalité des versets. Par contre, il n’existe
pas de texte complet du Coran. Sur le coup, personne ne
s’en émeut outre mesure. La bataille de Yamâma va faire
prendre conscience de ce manque.
Là, cinq cents d’un groupe de trois mille musulmans de
la première heure et comptant parmi les plus
connaisseurs du Coran, trouvent la mort. Omar prend
alors conscience du danger et s’en va trouver le Calife
Abou-Bakar.
“Les compagnons de l’Envoyé de Dieu tombent à Yamâma à
la façon de papillons dans le feu, et je crains qu’ils
le fassent toujours s’ils rencontraient une occasion
pareille de se faire tuer, cependant qu’ils sont les
porteurs du Coran. Ainsi le Coran sera perdu et oublié.
Si tu le réunissais et le faisais écrire?”
Pendant les dernières années de sa vie, le Prophète sws
employait de manière officielle des secrétaires, les uns
pour les tâches courantes, d’autres pour la
transcription de la révélation coranique. Le jeune Zaïd
ibn Thâbit faisait partie de ce groupe. Il était même
devenu le scribe principal de Mohammad sws et comptait
parmi les personnes qui connaissaient la totalité du
Coran par coeur.
Tout naturellement, le Calife Abou-Bakar le chargera
donc de réunir le Coran dans son ensemble. Mais le
Calife, avec le scrupule qui le caractérise, tient à ce
que les précautions soient prises : pour chaque verset,
Zaïd devra trouver au moins deux témoignages écrits,
avant de l’inclure dans la copie définitive. Et le
calife demandera aux habitants de Médine d’apporter les
fragments écrits qu’ils possèdent. Sur la totalité du
Coran, la Tradition nous apprend que seuls deux versets
ne se trouvèrent par écrit que chez une seule personne.
Cette copie appelée Mushaf (feuilles réunies), sera
conservée par le Calife Abou-Bakar et après lui par son
successeur Omar.
Pendant ce temps, l’enseignement du Coran est encouragé
dans tout l’empire musulman, qui ne cesse de
s’accroître. Omar, toujours perspicace, entrevoit le
besoin d’envoyer des copies du Mushaf dans les
principaux centres, afin d’éviter tout risque de
déviation, et d'erreurs de prononciation dans les pays
non-arabes. Mais il n’en aura pas le temps, et c’est le
troisième Calife Osman qui s’en chargera.
Il demandera à une commission présidée par le même Zaïd
ibn Thâbit d’établir sept copies à partir du Mushaf, en
autorisant la révision de l’orthographe dans le sens
d’une plus grande lisibilité du texte, en particulier
pour les non arabophones.
Après lecture publique de la nouvelle édition devant les
savants du Coran que compte Médine, ces copies sont
envoyées aux quatre coins de l’empire, avec ordre du
calife de détruire tout texte ne correspondant pas au
texte officiel. En effet, certaines divergences
existaient du fait d’erreurs de copie, ou encore de la
prise en compte d’un commentaire comme faisant partie du
texte. Et il importait que ces textes inexacts soient
détruits.
Des copies envoyées par Osman, il en reste de nos jours
une, complète, que l’on peut admirer au musée Topkapi d’lstanboul,
et une autre où il manque quelques feuillets à Tachkent.
Et entre ces copies et les millions d’exemplaires
éditées de nos jours, aucune différence... Ou plutôt si,
une différence existe, quant à l’orthographe. En effet,
à l’époque de la révélation, l’écrit venait à peine de
faire son apparition. Pour les vingt huit lettres que
compte l’alphabet, seuls quinze signes différents
existaient. Ainsi le b, le t, le th, le n et le y
avaient presque la même façon de s ‘écrire et n’étaient
pas différenciés par ce qu’on appelle des signes
diacritiques : les points sur ou sous les lettres en
arabe, les accents en français. On reconnaissait donc
les lettres selon le contexte, leur emplacement dans le
mot. De même, si en arabe, les voyelles longues sont
représentées, les voyelles courtes et d’autres signes ne
le sont qu’exceptionnellement, quand il y a ambiguïté.
Ce sont en effet les fonctions grammaticales des mots
qui permettent de les deviner. Tel est encore le cas
dans l’arabe écrit courant. Cette écriture ne permet
donc pas à une personne non arabophone de lire le texte
phonétiquement (pis-aller malgré tout nécessaire pour le
croyant).
Le Coran bénéficia donc jusqu’à la deuxième moitié du
premier siècle de l’Hégire de différentes réformes
orthographiques pour être tel que nous le connaissons
actuellement.
Source : islam-fraternet.com
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