Le Prophète
sws s'est élevé à cette tâche, expliquant la
révélation par ses paroles, ses actes et ses
acquiescements, de manière claire et explicite.
C'est ce qu'on appel la sounna. Que soient
agréés les Compagnons (sahaba), qui reçurent la
tradition prophétique (sounna) du noble Prophète
sws, l'ont assimilée et transmise aux musulmans,
telle qu'ils l'ont entendue, exempte de la
disgrâce de la falsification et de la
transformation. Que la grâce et le pardon soient
accordés aux pieux prédécesseurs (salafs) qui se
sont transmis la sounna de génération en
génération, ont instauré, en vue de sauvegarder
l'exactitude de sa transmission et son
énonciation, l'exactitude des règles et des
contraintes précises, excluant ainsi la
falsification des déformateurs. Que la meilleure
rétribution soit donnée à ceux qui ont succédé
aux prédécesseurs, parmi les savant musulmans
ayant acquis d'eux les bases de la transmission
de la sounna et ses règles, les ont simplifiées,
classées et réunies dans des ouvrages séparés,
dont on a ensuite appelé l'ensemble "Science des
Normes du Hadith".
Aperçu historique
sur la naissance et l'évolution de la science du
Hadith
Tout chercheur
avisé peut constater que les bases et fondements
essentiels de la Science de la Révélation et de
la Transmission des informations traditionnelles
se trouvent dans le Livre auguste de la
Tradition prophétique [sounna]. Ainsi, dans le
noble Coran : ô vous qui
avez cru ! Si un pervers vous apporte une
nouvelle, voyez bien clair [de crainte] que par
inadvertance vous ne portiez atteinte à des gens
et que vous ne regrettiez par la suite ce que
vous avez fait. (49/6)
Quand à la
sunnah, on peut y relever le dire du Prophète
sws : Allah swt agrée un
homme qui nous a entendu dire quelque chose et
l'a transmis comme il l'a entendu. Car il se
peut souvent, que celui à qui l'on transmet
saisisse mieux que celui qui a entend. At
Tirmîdhi Et dans une autre relation du hadith :
...Car il se peut souvent
que le porteur de connaissance religieuse
transmette à qui est plus savant que lui et que
souvent, le porteur de connaissance ne soit pas
savant At Tirmîdhi, Aboû Dâwoûd, Ibn
Mâjah et Ahmad
Ainsi, dans ce
noble verset et cet illustre hadith, figure le
principe de la vérification des informations,
comment les traiter avec vigilance, les
comprendre, et la précision dans leur
transmission à autrui.
A partir de ce
commandement, venant d'Allah swt, le Très Haut,
et son Prophète swt, les Compagnons vérifiaient
scrupuleusement la transmission de la sincérité
du transmetteur. De là, se présenta la question
de la chaîne des transmetteurs et son importance
au regard de l'acceptation du Sahîh de Mouslim,
d'après Ibn Sîrîn, son propos suivant :
Avant, ils ne posaient pas de questions sur la
chaîne des transmetteurs [isnâd], mais lorsque
l'épreuve corruptrice [fitna] apparut, ils
dirent alors : Nommez-nous vos hommes
(transmetteurs de l'information). S'il
s'agissait des gens de la sounna, on acceptait
leur hadith ; s'il s'agissait de gens de
l'innovation religieuse, alors on ne prenait pas
leur hadîth en considération. (introduction
du Sahih de Mouslim)
De plus, comme
l'information ne pouvait être acceptée qu'après
la connaissance de sa chaîne de transmission,
apparut alors la Science de la critique et de
l'agrément [jarh wa ta'dîl] des transmetteurs,
la connaissance des chaînes continues ou
interrompues, des défauts subtils. Ainsi, on
commença à émettre des réserves sur quelques
transmetteurs, mais à une faible proportion, car
rares étaient les rapporteurs désavoués en ces
temps premiers.
Ensuite, les
savants approfondirent ce domaine, au point que
se multiplièrent les Sciences ayant trait au
hadith et sa maîtrise, comment le transmettre et
le rapporter, l'abrogeant de l'abrogé, celui à
caractère singulier, etc. Cependant, tout cela
était traité oralement par les savants.
Puis, la
question évolua et ces Sciences furent
transcrites et enregistrées ; néanmoins, cela se
trouvait en des endroits éparts de livres
traitant aussi d'autres sujets, comme le Dogme,
le Droit, et la Science du hadith, comme le
Livre de l'épîte [ar-Risâla] et le Livre
fondamental [al-Oum] de l'imam ach-Châfi'i.
Enfin, lorsque
les sciences parvinrent à leur maturité, que
furent énoncées les règles et les définitions et
que toutes les matières furent indépendantes les
unes des autres, cela au quatrième siècle de
l'Hégire, les savants séparèrent alors la
Science des Normes et définitions du hadîth [moçtalah]
en ouvrage indépendant. Un des premiers à avoir
ainsi réservé un ouvrage en la matière, fut le
juge Aboû Mohammad al-Hasan Ibn Abd ar-Rahman
Ibn Khâlid ar-Râmahormouzi, décédé en l'an 360
H., et son livre "al-mouhaddith al-fâçil bayn
ar-râwi wa al-wâ'i" [le connaisseur du hadith
discernant un transmetteur défini d'un récepteur
réfléchi].