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Le croyant (mu’min)
fort (qawiyy) est meilleur (khayr)
et plus aimé (ahabb) auprès
d’Allah swt que le croyant faible (dha’îf).
Et dans ces deux là, il y a un bien.
Cherche avidement (ihris) ce qui
te sera utile (yanfa’uk). Cherche
aide et secours (ista’in) auprès
d’Allah Seul. Ne faiblis pas dans
l’accomplissement de tes actions (lâ
ta’jiz). Lorsqu’une épreuve
t’atteint, ne dis pas : « si j’avais
fait ceci ou cela, les choses auraient
été comme ci ou comme ça » mais dis
: « Allah a décrété. Il a fait comme
Il a souhait » (qaddaraLâhu wa mâ châ a
fa’al). Car les « si » sont les
points d’ancrage de l’œuvre du démon.
(Sahîh Muslim, Livre sur le destin,
hadith 4816)
Vocabulaire
القوي
qawiyy
: ce mot signifie « fort ». Dans le
contexte de ce hadith, où il est utilisé
de manière générale, ce mot englobe tous
les aspects de la force relative à
l’être humain, spécifiquement le
croyant. C'est-à-dire la force et la
santé du corps, la force d’esprit, la
force de la connaissance, la force de la
foi. Ainsi donc, le croyant fort dans sa
foi, son dogme, ses connaissances, ses
croyances, son corps est meilleur que le
croyant faible. Selon l’Imâm Annawâwiy,
qui est l’auteur d’un commentaire du
Sahîh de Muslim, qu’Allah swt leur fasse
miséricorde, la force renvoie ici à la
résolution ferme sur le plan
psychologique ainsi qu’un intérêt
naturel vers la vie dans l’au-delà.
Celui qui possède ces qualités avancera
plus intrépide vers l’ennemi ou le
mécréant, dans la guerre comme dans
l’invitation à l’Islam, sans craindre
réellement pour sa vie. C’est celui là
également qui aura la plus grande
résolution pour ordonner le convenable
et interdire le blâmable. Il supportera
plus aisément les maux que cela
engendrera. Il aura davantage de désir
pour les actes d’adoration comme la
prière, le jeûne, les invocations et le
rappel d’Allah swt. Et si le prophète
sws a précisé qu’il y a également du
bien dans le croyant faible, il s’agit
du bien qui se trouve dans le fait
d’avoir la foi, foi qui encourage et le
fort et le faible à accomplir des actes
d’adoration.
احرص
ihris
: ce mot renvoie à l’attention et
l’intérêt extrêmes que l’on porte vers
une chose pour ne pas en être privé ou
pour l’obtenir. On trouve ce mot dans le
verset 103 de la sourate Yûsuf (12) : La
plupart des hommes, même si tu l’as
souhaité ardemment, ne sont pas
croyants. C’est ce mot que l’on retrouve
également dans le verset 37 de la
sourate Les abeilles (16) : Si tu
désirais ardemment qu’ils soient guidés…
L’Imâm Annawâwiy affirme que le prophète
sws ordonne aux croyants d’être avides
d’obéissance envers Allah swt, d’être
avides de ce qui se trouve auprès de
Lui. Il nous ordonne également de ne pas
être paresseux pour demander l’aide
d’Allah swt ou pour demander qu’Il nous
permette de lui obéir.
استعن
بالله
ista’in
biLlâh
: ce mot signifie demander l’aide et le
secours à Allah swt. De Lui Seul
viennent le bien et le mal, les
personnes et les choses n’étant que des
intermédiaires par Sa Volonté.
تفتح
عمل الشيطان
taftahu
‘amalach chaytân
: c’est une expression qui renvoie aux
mauvais conseils et aux illusions
qu’insuffle le démon à l’homme et qui
causent sa perte et sa destruction.
Le Prophète sws nous interdit
littéralement d’utiliser les « si
j’avais… » car ce sont des portes
d’entrée pour l’influence du démon. Le
célèbre Juge ‘Iyyâdh a traité la nature
de cette interdiction. Un certains
nombre de jurisconsultes sont d’avis que
cette interdiction concerne ceux qui
utilisent ces formules en y croyant
fermement. Ils veulent dire en réalité
« si j’avais fait cela, jamais ! Au
grand jamais ! Telle ou telle épreuve ne
me serait arrivée ». En revanche,
utiliser cette formulation mais en
visant la volonté d’Allah swt, dénotant
le fait que l’épreuve ne survient que
par la volonté d’Allah swt, n’entre pas
dans l’interdiction. L’argument utilisé
est la parole du compagnon Abû Bakr
Assiddîq, qu’Allah l’agrée, qui a dit
lorsqu’il était avec le prophète sws,
caché dans la grotte, cherchant à
échapper à leurs ennemis : « Si l’un
de nous deux avait levé la tête, ils
nous auraient trouvés ». Pour le
Juge ‘Iyyâdh, il n’y a pas de mal ici,
puisqu’il ne s’agit pas de nier la
fatalité du destin après qu’il est
arrivé. Le prophète sws a utilisé ce
type de formules dans de nombreux
hadiths, comme lorsqu’il a dit :
si je n’étais pas soucieux de ne pas gêner ma communauté, je lui
aurais rendu le siwâk obligatoire
(voir dans le Sahîh de Bûkhâriy,
le chapitre « les ‘si’ permis »). Le
Juge ‘Iyyadh poursuit en disant que dans
ce type de formule, c’est le futur qui
est envisagé et il n’y a là aucune
remise en cause de la prédestination. Il
s’agit ici d’informer de ce que l’on
pense que l’on ferait si l’on n’avait
pas d’empêchement. On parle ici de ce
qui est en notre pouvoir, contrairement
aux suppositions que l’on fait sur les
événements passés. Ainsi, l’interdiction
n’est pas absolue mais limitée aux cas
qui effectivement sont des portes
d’entrée pour l’influence du démon,
c'est-à-dire, les cas où le démon peut
s’appuyer sur une opposition au destin
pour détruire l’homme. S’il s’agit au
contraire d’affirmer que la volonté
d’Allah swt s’applique à toute chose, à
tout événement, il n’y a là aucun mal.
Et Allah est Le Savant !
Synthèse
Cette noble et authentique parole du
prophète sws est donc une invitation à
la recherche de la force et de la
puissance. C’est également une
invitation à rechercher les
circonstances favorables à
l’établissement de cette puissance et du
secours d’Allah swt. L’islam est la
religion de la force, la religion de la
puissance, de la noblesse et de la
dignité. Il n’est pas acceptable – dans
un certain nombre d’occasions – que les
croyants soient dans un état de
faiblesse et de servilité, d’humiliation
et de soumission car le croyant possède
la puissance, comme le dit Allah swt
dans le verset 8 de la sourate Les
Hypocrites (63) :
Alors que c’est à Allah qu’est la
puissance ainsi qu’à Son messager et aux
croyants.
Foi ne rime pas avec humiliation et
servilité tout comme lumière ne rime pas
avec ténèbre. Pourquoi donc ? Simplement
parce que les croyants savent aussi
clairement que brille la lumière du jour
que le bien et le mal viennent d’Allah
swt. Ils savent qu’ils n’ont le choix
qu’entre deux issues magnifiques : soit
l’aide d’Allah swt et la victoire
synonymes de grand bonheur, soit la
récompense du martyre. C’est comme cela
que nous comprenons ces vers d’un poète
arabe : Vis puissant ou meurs dans la
dignité
Entre les tiraillements de la faim et le
claquement des étendards.
L’Islâm appelle à la force et la
recherche de la force dans nombre de
versets Coraniques. Ainsi en est-il du
verset 60 de la sourate Le Butin (8) :
Et préparez contre eux tout ce que vous
pourrez comme force et comme cavalerie
pour effrayer l’ennemi d’Allah et votre
ennemi…
Notre prophète, Muhammad, qu’Allah fasse
son éloge devant l’assemblée des anges
et le protège de tout mal, a été cet
exemple parfait de courage et de force
et les exemples ne manquent pas. Nous
citerons la bataille de Hunayn, après la
conversion en masse de la Mecque,
lorsque la plupart de ceux qui
l’accompagnaient, nouvellement
convertis, fuirent devant l’assaut de
l’ennemi, laissant seul le Prophète sws
en compagnie d’un groupe restreint de
ses compagnons. C’est alors que le
prophète sws, monté sur sa mule, pénétra
les rangs ennemis en répétant ces deux
vers :
Je suis le prophète, pas de mensonge. Je
suis le fils de ‘Abdul Muttalib !
Il n’est donc pas étonnant de trouver,
chez ce prophète béni, source de guidée
et de miséricorde, cette invitation à se
mettre sur le chemin de la force. Voila
pourquoi il a préféré le croyant fort au
croyant faible. La force est en effet un
pas vers la puissance, un pas vers
l’aide d’Allah swt, un pas vers la
victoire.
Rappelons que la force à laquelle nous
invite le prophète Muhammad sws est
générale et non pas restreinte à la
force physique ou la force musculaire,
mais englobe toutes les facettes de ce
concept. La force du corps, mais aussi
de la raison et de la logique, de la
connaissance, de la science, de la
moralité, du comportement, du caractère,
et de la religion. En bref, tout ce qui
permet de consolider et renforcer
l’humain physiquement, spirituellement,
intellectuellement. De sorte que le
croyant soit en tous points imposant,
psychologiquement puissant, préservant
sa dignité.
Et bien sur, ce n’est pas parce que le
croyant va rechercher à acquérir cette
force par un ensemble de causes qu’il va
se mettre à croire dans un pouvoir
quelconque de ces causes. Au contraire,
il place sa confiance en Allah swt et en
Allah seul. Et c’est à Allah swt et à
Allah seul qu’il demandera secours. Le
croyant doit rechercher les causes mais
doit s’en remettre à Allah Seul quant à
l’effet de ses causes.
Quand les croyants emprunteront cette
noble voie prophétique, par Allah, ils
vivront heureux, puissants, dignes.
Qu’Allah swt nous permette de suivre
cette voie et d’en récolter les fruits !
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