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Le Messager d'Allah sws
met ici l'emphase sur l'attitude que le
musulman doit adopter à l'égard de son
voisin : des oulémas précisent que le
terme "djâr" employé ici désigne
bien évidemment celui qui habite à
proximité, mais également toute personne
que nous côtoyons, que ce soit durant le
travail, pendant les études, au cours du
voyage, etc…
En revenant vers l'ensemble des
références traitant de ce sujet, il
ressort que chacun a, à ce niveau, trois
devoirs fondamentaux :
Le premier est justement
celui qui est souligné dans le présent
Hadith, en l'occurrence le devoir de
bienveillance (al ihsân). Le
musulman doit ainsi toujours s'efforcer
d'adopter une attitude positive et un
comportement empreint de bonté envers
son voisin, et ce, par exemple :
- -
en le traitant avec considération et
respect. Abou Houraïra (radhia Allâhou
anhou) rapporte que le Prophète Mohamed
sws a dit :
"Celui qui croit en Allah et au Jour
Denier, qu'il honore son voisin."
(Boukhâri et Mouslim)
- -
en manifestant de la générosité à son
égard. A une occasion, le Messager
d'Allah sws avait exhorté l'un des ses
Compagnons (radhia Allâhou anhou), Abou
Dharr (radhia Allâhou anhou), en ces
termes :
"Lorsque tu prépares un bouillon,
augmentes-y la quantité d'eau puis
offres-en un peu à une famille de ton
voisinage."
(Mouslim)
A une autre occasion, le
Prophète Mohamed sws s'était adressé aux
musulmanes et leur avait dit :
"Qu'aucune femme ne
méprise (le cadeau qu'elle peut offrir)
à sa voisine, même s'il s'agit (de
quelque chose d'aussi insignifiant
qu')une patte de mouton."
(Boukhâri et Mouslim)
- -
ou encore, en lui apportant l'assistance
et le soutien moral ou matériel dont il
peut avoir besoin. Anas (radhia Allâhou
anhou) rapporte que le Prophète Mohamed
sws a dit :
"N'a pas cru en moi celui qui dort repu
tandis que son voisin, à côté de lui, a
faim et il est au courant de cela."
(Mousnad Bazzâr –
Authentifié par Al Albâni).
Il est très important de souligner
cependant que l'expression du bon
comportement envers le voisin doit se
faire dans le strict respect des
impératifs du droit musulman, notamment
en ce qui concerne les limites imposées
dans les contacts avec les personnes du
sexe opposé. Il est par exemple évident
que la façon d'exprimer sa courtoisie ne
sera pas du tout la même pour un homme à
l'égard d'une voisine qu'à l'égard d'un
voisin : Les règles au niveau du contact
visuel, de la façon de converser avec
chacun d'eux sont bien évidemment
différentes et doivent être
scrupuleusement respectées… Si je prends
la peine d'insister sur ce point, c'est
simplement parce que chaytân et
son allié, notre nafs ammârah
(facette de l'égo qui inspire
fréquemment le mal), peuvent
aisément nous pousser à la transgression
à ce niveau, et ce, sous couvert des
meilleurs intentions, en nous exhortant
par exemple à adopter une bienveillance
-ihsân- à deux vitesses qui
ferait que :
- l'on présente à une voisine un grand
salut décoré par notre plus beau
sourire, alors que pour un voisin, on se
contente la plupart du temps d'un simple
et rapide "salam… ou bonjour"…
- l'on soit pris d'une
grande compassion lorsqu'on voit une
voisine porter deux sacs et que l'on
soit donc toujours prêt à lui proposer
son aide, alors que, dans le même temps,
si nous voyons un voisin peiner pour
transporter quelque chose de bien plus
lourd chez lui, on est bien moins prompt
à lui venir en aide…
Le second devoir envers
le voisin consiste à éviter de faire
quoique ce soit qui puisse lui causer du
tort. Le Prophète Mohamed sws a tenu des
propos des sévères concernant celui qui
nuit à son voisin ; il a dit :
"Par Allah ! N'est pas croyant ! Par
Allah ! N'est pas croyant ! Par Allah !
N'est pas croyant (...) celui dont le
voisin n'est pas à l'abri de ses
méfaits."
(Sahîh oul Boukhâri)
Cela implique par exemple que l'on soit
particulièrement vigilant au bruit que
nous faisons (surtout lors des heures
de repos), à la façon dont nous nous
garons devant chez lui, à l'entretien de
l'espace qui se trouve à proximité
immédiate de sa propriété… C'est
souvent en raison de la négligence dont
on se montre coupable par rapport à ces
points (considérés fréquemment comme
étant des détails, mais qui, en réalité,
sont très importants) que des
tensions durables apparaissent entre
voisins.
Et il faut savoir que les
nuisances causées au voisin peuvent
avoir des conséquences terribles… Elles
peuvent annuler complètement l'effet
positif de toutes nos bonnes actions
nafl -non obligatoires, comme en
témoigne le récit suivant :
Abou Houreirah (radhia Allâhou anhou)
raconte ainsi qu'un homme questionna un
jour le Prophète Mohamed sws en ces
termes : "(Que penser
d') unetelle (qui) est réputée
pour son grand nombre de salât, de
jeûnes et de dons (surérogatoires), mais
elle cause du tort à ses voisins par ses
propos…." Le Prophète Mohamed sws
répondit : "Elle est dans le Feu !"
(étant donné qu'elle s'efforce, d'un
côté, d'accomplir ce qu'il est permis
d'abandonner, tandis que, de l'autre
côté, elle ne se gêne pas à faire ce
qu'il est obligatoire de délaisser…)
Il (l'homme) demanda (alors) : "(Et
qu'en est-il d') unetelle (autre) qui
est (plutôt) connue pour son petit
nombre de jeûnes, d'aumônes et de
prières. Elle donne (seulement en
aumône) des morceaux de fromage.
Néanmoins, elle ne cause pas de tort à
ses voisins par ses propos." Le
Prophète Mohamed sws dit alors :
"Elle est au paradis." (étant
donné que l'essentiel, dans la pratique
du dîn, consiste à faire ce qui est
obligatoire et à s'abstenir de ce qui
est interdit : et c'est justement ce que
fait cette seconde femme. Il n'y a en
effet pas vraiment d'intérêt à se
focaliser exclusivement sur ce qui est
secondaire et à délaisser complètement
ce qui est fondamental, comme nous
l'avions souligné lors de notre
précédente intervention…) (Sahîh
Ibnou Hibbân)
Par ailleurs, il existe
des Hadiths qui montrent que la gravité
de porter atteinte aux droits sacrés
d'autrui est encore plus grave lorsque
c'est le voisin qui en est la victime.
Ainsi le Prophète Mohamed sws a dit en
ce sens que le fait de faire le zinâ
avec la femme de son voisin est dix fois
plus grave que le zinâ avec
n'importe quelle autre femme. Et voler
son voisin est également dix fois grave
que voler n'importe qui d'autre.
(Sens d'un Hadith
rapporté par Miqdâd (radhia Allâhou
anhou) et authentifié par Al Albâni).
Le troisième devoir envers le voisin
consiste à s'efforcer de faire preuve de
retenue et de supporter avec patience
quand celui-ci a une attitude
désagréable et se comporte mal envers
nous. C'est ce que Hassan Al Basri (rahimahoullâh)
disait :
"La bonne compagnie avec
les gens du voisinage ne consiste pas
(simplement) à s'abstenir de nuire; elle
consiste (aussi) à supporter (avec
patience) le tort (qui nous est causé)."
Ce devoir est certainement le plus
difficile des trois… mais c'est aussi
celui qui est probablement le plus
méritoire. Abou Dharr (radhia Allâhou
anhou) rapporte que le Prophète Mohamed
sws a cité à une occasion trois
personnes qu'Allah swt aime ; parmi
celles-ci, il a mentionné :
"L'homme qui a un mauvais voisin qui le
nuit, mais qui fait preuve de patience
par rapport au tort qui lui est fait, et
ce, jusqu'à ce qu'Allah le mette à
l'abri (de ces méfaits) pendant qu'il
est encore en vie ou après sa mort."
(Tabrâniy).
Voici donc de façon synthétique ce que
nous enseignent nos références par
rapport aux droits du voisin. Avant de
conclure, je tiens à souligner encore
deux points :
- Tout d'abord, le devoir d'al ihsân
envers le voisin s'applique bien
évidemment quand celui-ci est musulman,
mais il doit également être respecté
lorsque celui-ci ne partage notre foi.
On rapporte ainsi au sujet de Abdoullâh
Ibn 'Amr (radhia Allâhou anhou) que,
lorsqu'on égorgeait un animal pour le
faire cuire chez lui, il (radhia Allâhou
anhou) s'assurait à ce qu'une partie de
celui-ci soit offert à son voisin qui
était juif, en rappelant les propos
suivants du Prophète Mohamed sws :
"Djibrail (alayhis salâm)
m'a tellement interpellé au sujet du
voisin que j'ai crains que celui-ci soit
désigné comme héritier."
Et il faut bien
comprendre que, pour que les non
musulmans apprennent à apprécier l'Islam
à sa juste valeur, aucun discours ne
pourra jamais égaler le respect des
différents enseignements que nous avons
vu. Dans les conditions actuelles, où
l'Islam et les musulmans sont
constamment dénigrés, on peut disserter
ou discourir pendant des heures sur les
enseignements altruistes, magnanimes et
humanitaires de notre religion avec les
non musulmans, mais si ces qualités sont
absentes de notre comportement, notre
propos aura bien peu d'effet, étant
donné que c'est sur nos actes que nous
sommes jugés par ceux qui nous
entourent.
- Cette réflexion que
nous avons menée sur l'importance des
devoirs envers le voisin doit nous
rappeler un autre devoir encore plus
important : celui du bon comportement
envers celle qui est bien plus proche de
nous… c'est-à-dire notre épouse. Quant
on constate avec quelle insistance le
Prophète Mohamed sws a exhorté les
musulmans à faire preuve d'ihsân
et à ne pas nuire celui qui habite à
proximité, on peut aisément déduire la
bienveillance dont ont doit témoigner
envers celle qui vit avec nous… Se
montrer désagréable avec elle peut très
rapidement transformer sa vie en un
véritable calvaire. Pourtant, il faut
reconnaitre que, dans la vie
quotidienne, nous accordons bien moins
d'importance au bon comportement envers
notre épouse qu'envers les personnes
étrangères. On ne voit souvent aucun
problème à faire gratuitement des choses
qu'elle n'aime pas, qui la dérangent ou
qui lui cause du tort…
en oubliant que le fait
de la nuire injustement est tout aussi
harâm (et représente un péché kabîrah)
que porter préjudice à n'importe
quel autre musulman.
Source : La page de l’islam
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