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Abû Bakr dit : “La Zakât, n’est-elle pas
un de ses droits ? Par Allah ! S’ils
refusent de me donner même cette corde
avec laquelle ils tenaient leurs bêtes,
je les combattrai pour cela.” ‘Umar dit
: “Je sais maintenant qu’Allah a ouvert
le cœur d’Abû Bakr pour combattre et je
sais également qu’il avait raison”. »
Les Compagnons pour leur part, ont suivi
son avis. Ils combattaient les apostats
pour les faire retourner vers l’islam,
et ils tuèrent ceux qui s’obstinèrent
dans leur apostasie. Ce fait est la
preuve la plus explicite démontrant
l’importance de la Sounna et
l’obligation de s’y conformer.
Un jour, une vieille femme vint trouver
[Abû Bakr] As-Siddîq pour
l’interroger au sujet de son héritage.
Il lui répondit : « Il n’y a rien (de
prévu) pour toi dans le Livre d’Allah et
j’ignore si le Messager d’Allah a
déterminé quelque chose pour toi.
Toutefois, j’interrogerai les gens à ce
sujet. » Il interrogea donc les
Compagnons et certains d’entre eux
dirent que le Prophète sws avait accordé
à la grand-mère un sixième de
l’héritage. Il donna donc le verdict en
conséquence.
‘Umar conseillait à ses
fonctionnaires de juger les gens d’après
le Livre d’Allah swt. S’ils n’y
trouvaient pas de verdict, alors d’après
la Sounna du Messager d’Allah. Quand
l’affaire de l’avortement d’une femme
causé par la malveillance d’une
personne, lui posa problème, ‘Umar
interrogea les Compagnons. Muhammad ibn
Salama et Al-Mughayra ibn Chu’ba
témoignèrent que le verdict du Prophète
sws à ce sujet était la libération d’un
esclave - homme ou femme. ‘Umar prononça
donc le verdict dans ce sens.
Quand le jugement concernant le délai de
viduité posa problème à Uthmân , Furay’a
bint Mâlik ibn Sinân, la sœur d’Abû
Sa’îd Al-Khudrî l’informa que le
Prophète sws lui avait ordonné - après
la mort de son époux, de rester chez son
frère jusqu’à la fin du délai. ‘Uthmân
prononça donc le même verdict. C’est de
cette même façon qu’il prononça le
verdict d’après la Sounna en appliquant
la peine légale sur Al-Walîd ibn ‘Uqba
pour avoir consommé de la boisson.
Quand ‘Ali apprit que ‘Uthmân avait
interdit de pratiquer le Hajj selon le
rite Mut’a, il endossa l’Ihrâm pour le
Hajj et la ‘Umra (c.-à-d. selon le rite
Mut’a) et dit : « Je ne renoncerai
jamais à la Sounna du Messager d’Allah
pour prendre la parole d’autrui. »
Quand certaines personnes considérèrent
la parole d’Abû Bakr et de ‘Umar au
sujet du rite Mut’a, comme une autorité
et approuvèrent le Hajj selon le rite
Ifrâd, Ibn ‘Abbâs dit : « Des
pierres ne tarderont pas à vous tomber
du ciel. Je vous informe de ce qu’a dit
le Messager d’Allah mais vous prenez en
considération ce qu’ont dit Abû Bakr et
‘Umar ! » Si l’on craint une punition
pour celui qui contredit ou agit
contrairement à la Sounna et suit la
parole d’Abû Bakr et de ‘Umar, que
penser de celui qui agit contrairement à
la Sounna et suit la parole ou l’avis de
toute autre personne ou son effort
personnel (Ijtihâd) ? Quand certaines
personnes contestèrent ‘Abdullah ibn
‘Umar sur certaines Sounna, ce dernier
leur dit : « Avons-nous reçu l’ordre de
suivre ‘Umar ? »
Tandis que ‘Imrân ibn Huswayn parlait
aux gens à propos de la Sounna, un homme
lui dit : « Parle-nous du Coran. » Il se
mit en colère et dit : « La Sounna est
le commentaire du Coran. Sans la Sounna,
nous n’aurions jamais su que la prière
du Dhuhr consiste en quatre Rak’ât, la
prière du Maghrib, en trois Rak’ât et la
prière du Fajr en deux Rak’ât. Nous
n’aurions jamais su les lois de la Zakât
ainsi que d’autres détails que la Sounna
nous a donnés. »
Les
affaires dans lesquelles les Compagnons
ont exhorté à suivre la Sounna, insisté
sur le devoir de s’y conformer et mis en
garde celui qui la contredit, sont très
nombreuses.
Nous en citons quelques exemples :
Quand ‘Abdullah ibn Umar relata la
parole suivante du Prophète sws : «
N’interdisez
pas aux servantes d’Allah de se rendre à
la mosquée », certains de
ses enfants dirent : « Par Allah ! Nous
leur interdirons. » ‘Abdullah se mit en
colère et les insulta sévèrement en
disant : « Je vous dis ce que le
Messager d’Allah a dit et vous dites : “
Par Allah ! Nous leur interdirons !” ? »
Lorsque ‘Abdullah ibn Al-Mughaffal
Al-Mazanî qui était un Compagnon du
Messager d’Allah vit quelqu’un de ses
proches lancer des pierres ; il le
réprimanda en disant que le Prophète sws
avait interdit un tel acte et qu’il
avait dit à ce propos : « Lancer
des pierres ne chassera pas le gibier et
ne blessera pas l’ennemi. Mais il
brisera la dent et percera l’œil.
» Plus tard, il vit encore l’homme
lancer des pierres et lui dit : « Par
Allah ! Je ne te parlerai plus. Je te
dis que le Messager d’Allah a interdit
de lancer des pierres et tu t’obstines.
»
Al-Bayhaqî a rapporté qu’Ayyûb
As-Sakhtayânî, le grand Tâbi’î a dit : «
Si vous conversez avec quelqu’un au
sujet de la Sounna et qu’il vous dit :
“Laissons cela, et parlons plutôt du
Coran”, sachez alors que c’est un égaré.
»
Al-Awzâ’î (qu’Allah lui fasse
miséricorde) a dit : « La Sounna est
l’explication du Coran, précisant les
lois générales, et mentionnant des lois
qui ne se trouvent pas dans le Coran -
comme Allah Lui-même a dit : «
... Nous avons
fait descendre sur toi le Rappel (la
Sounna) afin que tu explique aux gens
clairement ce qui est descendu vers eux.
Peut-être réfléchiront-ils ? »
Et nous avons déjà mentionné la parole
du Prophète sws : «
En vérité, j’ai
reçu le Coran et quelque chose de
semblable avec. »
Al-Bayhaqî a rapporté que ‘Âmir
As-Sha’bî a dit : « Vous serez sûrement
menés vers la ruine quand vous
renoncerez aux traditions, c’est-à-dire
aux traditions authentiques. »
Al-Bayhaqî a aussi rapporté qu’Al-Awzâ’î
a dit à certains de ses compagnons :
« Quand la tradition du Messager d’Allah
vous parvient, gardez-vous de dire autre
chose que cela, car le Messager d’Allah
ne fait que rapporter ce qu’Allah le
Très-Haut lui révèle. »
Al-Bayhaqî a rapporté que l’éminent Imâm
Sufyân ibn Sa’îd Al-Thawrî a dit : « La
connaissance des traditions est
considérée comme la connaissance toute
entière. »
Et Mâlik ibn Anas (qu’Allah lui
fasse miséricorde) a dit : « Chacun
parmi nous peut rejeter une parole ou
voir la sienne rejetée sauf la parole de
l’occupant de cette tombe - et il
indiqua la tombe du Messager d’Allah .»
Abû Hanîfa (qu’Allah lui fasse
miséricorde) a dit : « Quand la
tradition du Messager d’Allah nous
parvient, nous l’acceptons très
volontiers et de tout cœur. »
As-Shâfi’î (qu’Allah lui fasse
miséricorde) a dit : « Le jour où on me
rapportera un hadith authentique et que
je ne le mettrai pas en pratique (ou :
que je ne le prendrai pas), alors sachez
que j’aurai perdu la tête. » Il a aussi
dit : « Quand je vous dis quelque chose
de contradictoire à une tradition du
Messager d’Allah , jetez ma parole
contre le mur. »
L’imâm Ahmad ibn Hanbal (qu’Allah
lui fasse miséricorde) a dit : « Ne
m’imitez pas aveuglément, ni Mâlik ou
As-Shâfi’î, mais prenez de la source de
laquelle nous prenons. » Il a aussi dit
: « Je suis étonné de certaines gens qui
connaissent les chaînes des traditions
du Messager d’Allah et leurs
authenticités, mais ils croient en la
parole de Sufyân tandis qu’Allah dit :
« ... Que ceux
qui s’opposent à son ordre prennent
garde qu’une épreuve ne les atteigne, ou
que ne les atteigne un châtiment
douloureux. » Puis il dit
: « Savez-vous ce qu’est cette calamité
? Cette calamité, c’est l’idolâtrie (As-Chirk).
Il se peut que s’il rejette quelques
paroles du Prophète sws, ceci déviera
son cœur et le mènera vers sa propre
perte. »
Al-Bayhaqî a rapporté que Mujâhid ibn
Jabr, l’éminent Tâbi’î a dit au sujet de
la Parole d’Allah : «
... Portez vos
différends devant Allah et le Prophète…
» qu’elle signifie : «
Référez-vous à Son Livre et à la Sounna.
»
Al-Bayhaqî a aussi rapporté qu’Az-Zuhrî
a dit : « Ceux parmi nos savants qui
nous ont précédés disaient que le fait
de s’accrocher à la Sounna est le salut
(ou la délivrance de l’égarement). »
Muwaffiq ud-Dîn ibn Qudâma a dit dans
son livre Rawdhat un-Nâdhir, quant aux
sources des lois (Usûl al-Ahkâm): « La
deuxième source parmi les preuves est la
Sounna du Messager d’Allah . La parole
du Messager d’Allah reste une preuve
prouvant le miracle de sa véracité ;
Allah a ordonné [aux hommes] d’obéir [au
Prophète], et a mis en garde contre le
fait de contester son ordre. »
Ibn Kathîr a dit, en commentant le
verset : « ... Que
ceux qui s’opposent à son ordre prennent
garde qu’une épreuve ne les atteigne, ou
que ne les atteigne un châtiment
douloureux. » « ... C’est-à-dire
qui s’opposent aux commandements du
Prophète sws, qui sont le chemin tracé
par lui, sa ligne de conduite, ses
enseignements et ses lois. Les paroles
et les actes des gens doivent être
comparés aux paroles et aux actes du
Prophète sws. Ce qui s’y conforme est
accepté et ce qui le contredit est
rejeté. »
On rapporte dans les deux Sahîh, ainsi
que dans d’autres recueils, que le
Messager d’Allah a dit : «
Celui qui fait un
acte qui n’est pas conforme à notre
religion, il est rejeté. »
, c’est-à-dire que celui qui contredit
la Sharî’a secrètement ou ouvertement
doit craindre que « ne l’atteigne une
épreuve » dans son cœur, c’est-à-dire la
mécréance, l’hypocrisie, ou l’innovation
(l’hérésie) « ou un châtiment douloureux
» dans ce bas-monde, comme l’assassinat,
la peine légale, l’emprisonnement ou
autre. »
L’Imâm Ahmad a mentionné qu’Abû Hurayra
a rapporté la parole suivante du
Messager d’Allah : «
Mon exemple et le
vôtre sont comparables à un homme qui
allume un feu. Quand les flammes
éclairent les alentours, les papillons
nocturnes et d’autres insectes y
tombent. L’homme essaie de les sauver
mais sans toutefois réussir. »
Puis le Prophète sws dit : «
Et moi j’essaie de
vous rattraper par vos ceintures pour
vous empêcher d’y tomber, mais malgré
cela, vous vous obstinez à y tomber.
» As-Suyûtî a dit dans son livre
Miftâh ul-Janna fil-Ihtijâj bis-Sounna :
« Sachez - qu’Allah swt vous accorde Sa
miséricorde - que celui qui nie la
tradition du Prophète - que ce soit en
parole ou action rapportée sous les
conditions connues dans les sciences de
la jurisprudence - comme preuve, commet
l’acte d’infidélité (Kufr) et sort de
l’islam. Il sera ressuscité avec les
juifs et les chrétiens ou avec les
mécréants qu’Allah voudra. »
Cheikh Abd
El 'Aziz Ibn Baz
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