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Sounna - Les traditions du Prophète sws

 

Les déclarations des Compagnons, des Successeurs (Tâbi’în) et des savants concernant l’obligation de se conformer à la Sounna.

Nous allons ici mentionner ce qui a été rapporté des Compagnons, des Tabî’înes et des savants après eux au sujet de l’exhortation à suivre la Sounna et l’obligation de s’y conformer.

Dans les deux recueils authentiques (Sahîh) de Al-Bukhârî et de Muslim, on rapporte qu’Abû Hurayra a dit : «Quand le Messager d’Allah mourut, certains arabes apostasièrent. Abû Bakr As-Siddîq dit : “Par Allah ! Je combattrai celui qui différencie entre la prière et la Zakât.” ‘Umar lui dit : “Comment peux-tu les combattre alors que le Prophète a dit : « J’ai reçu l’ordre de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils attestent qu’il n’y a pas de divinité sauf Allah. S’ils l’attestent, ils auront sauvegardé leur sang et leurs biens sauf le droit qui est imposé (par l’Islâm). »”


Abû Bakr dit : “La Zakât, n’est-elle pas un de ses droits ? Par Allah ! S’ils refusent de me donner même cette corde avec laquelle ils tenaient leurs bêtes, je les combattrai pour cela.” ‘Umar dit : “Je sais maintenant qu’Allah a ouvert le cœur d’Abû Bakr pour combattre et je sais également qu’il avait raison”. » Les Compagnons pour leur part, ont suivi son avis. Ils combattaient les apostats pour les faire retourner vers l’islam, et ils tuèrent ceux qui s’obstinèrent dans leur apostasie. Ce fait est la preuve la plus explicite démontrant l’importance de la Sounna et l’obligation de s’y conformer.

Un jour, une vieille femme vint trouver [Abû Bakr] As-Siddîq pour l’interroger au sujet de son héritage. Il lui répondit : « Il n’y a rien (de prévu) pour toi dans le Livre d’Allah et j’ignore si le Messager d’Allah a déterminé quelque chose pour toi. Toutefois, j’interrogerai les gens à ce sujet. » Il interrogea donc les Compagnons et certains d’entre eux dirent que le Prophète sws avait accordé à la grand-mère un sixième de l’héritage. Il donna donc le verdict en conséquence.

‘Umar conseillait à ses fonctionnaires de juger les gens d’après le Livre d’Allah swt. S’ils n’y trouvaient pas de verdict, alors d’après la Sounna du Messager d’Allah. Quand l’affaire de l’avortement d’une femme causé par la malveillance d’une personne, lui posa problème, ‘Umar interrogea les Compagnons. Muhammad ibn Salama et Al-Mughayra ibn Chu’ba témoignèrent que le verdict du Prophète sws à ce sujet était la libération d’un esclave - homme ou femme. ‘Umar prononça donc le verdict dans ce sens.

Quand le jugement concernant le délai de viduité posa problème à Uthmân , Furay’a bint Mâlik ibn Sinân, la sœur d’Abû Sa’îd Al-Khudrî l’informa que le Prophète sws lui avait ordonné - après la mort de son époux, de rester chez son frère jusqu’à la fin du délai. ‘Uthmân prononça donc le même verdict. C’est de cette même façon qu’il prononça le verdict d’après la Sounna en appliquant la peine légale sur Al-Walîd ibn ‘Uqba pour avoir consommé de la boisson.

Quand ‘Ali apprit que ‘Uthmân avait interdit de pratiquer le Hajj selon le rite Mut’a, il endossa l’Ihrâm pour le Hajj et la ‘Umra (c.-à-d. selon le rite Mut’a) et dit : « Je ne renoncerai jamais à la Sounna du Messager d’Allah pour prendre la parole d’autrui. »

Quand certaines personnes considérèrent la parole d’Abû Bakr et de ‘Umar au sujet du rite Mut’a, comme une autorité et approuvèrent le Hajj selon le rite Ifrâd, Ibn ‘Abbâs dit : « Des pierres ne tarderont pas à vous tomber du ciel. Je vous informe de ce qu’a dit le Messager d’Allah mais vous prenez en considération ce qu’ont dit Abû Bakr et ‘Umar ! » Si l’on craint une punition pour celui qui contredit ou agit contrairement à la Sounna et suit la parole d’Abû Bakr et de ‘Umar, que penser de celui qui agit contrairement à la Sounna et suit la parole ou l’avis de toute autre personne ou son effort personnel (Ijtihâd) ? Quand certaines personnes contestèrent ‘Abdullah ibn ‘Umar sur certaines Sounna, ce dernier leur dit : « Avons-nous reçu l’ordre de suivre ‘Umar ? »

Tandis que ‘Imrân ibn Huswayn parlait aux gens à propos de la Sounna, un homme lui dit : « Parle-nous du Coran. » Il se mit en colère et dit : « La Sounna est le commentaire du Coran. Sans la Sounna, nous n’aurions jamais su que la prière du Dhuhr consiste en quatre Rak’ât, la prière du Maghrib, en trois Rak’ât et la prière du Fajr en deux Rak’ât. Nous n’aurions jamais su les lois de la Zakât ainsi que d’autres détails que la Sounna nous a donnés. »

Les affaires dans lesquelles les Compagnons ont exhorté à suivre la Sounna, insisté sur le devoir de s’y conformer et mis en garde celui qui la contredit, sont très nombreuses.

Nous en citons quelques exemples :

Quand ‘Abdullah ibn Umar relata la parole suivante du Prophète sws : « N’interdisez pas aux servantes d’Allah de se rendre à la mosquée », certains de ses enfants dirent : « Par Allah ! Nous leur interdirons. » ‘Abdullah se mit en colère et les insulta sévèrement en disant : « Je vous dis ce que le Messager d’Allah a dit et vous dites : “ Par Allah ! Nous leur interdirons !” ? »

Lorsque ‘Abdullah ibn Al-Mughaffal Al-Mazanî qui était un Compagnon du Messager d’Allah vit quelqu’un de ses proches lancer des pierres ; il le réprimanda en disant que le Prophète sws avait interdit un tel acte et qu’il avait dit à ce propos : « Lancer des pierres ne chassera pas le gibier et ne blessera pas l’ennemi. Mais il brisera la dent et percera l’œil. » Plus tard, il vit encore l’homme lancer des pierres et lui dit : « Par Allah ! Je ne te parlerai plus. Je te dis que le Messager d’Allah a interdit de lancer des pierres et tu t’obstines. »

Al-Bayhaqî a rapporté qu’Ayyûb As-Sakhtayânî, le grand Tâbi’î a dit : « Si vous conversez avec quelqu’un au sujet de la Sounna et qu’il vous dit : “Laissons cela, et parlons plutôt du Coran”, sachez alors que c’est un égaré. »

Al-Awzâ’î (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « La Sounna est l’explication du Coran, précisant les lois générales, et mentionnant des lois qui ne se trouvent pas dans le Coran - comme Allah Lui-même a dit : « ... Nous avons fait descendre sur toi le Rappel (la Sounna) afin que tu explique aux gens clairement ce qui est descendu vers eux. Peut-être réfléchiront-ils ? »

Et nous avons déjà mentionné la parole du Prophète sws : « En vérité, j’ai reçu le Coran et quelque chose de semblable avec. »

Al-Bayhaqî a rapporté que ‘Âmir As-Sha’bî a dit : « Vous serez sûrement menés vers la ruine quand vous renoncerez aux traditions, c’est-à-dire aux traditions authentiques. »

Al-Bayhaqî a aussi rapporté qu’Al-Awzâ’î a dit à certains de ses compagnons : « Quand la tradition du Messager d’Allah vous parvient, gardez-vous de dire autre chose que cela, car le Messager d’Allah ne fait que rapporter ce qu’Allah le Très-Haut lui révèle. »

Al-Bayhaqî a rapporté que l’éminent Imâm Sufyân ibn Sa’îd Al-Thawrî a dit : « La connaissance des traditions est considérée comme la connaissance toute entière. »

Et Mâlik ibn Anas (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Chacun parmi nous peut rejeter une parole ou voir la sienne rejetée sauf la parole de l’occupant de cette tombe - et il indiqua la tombe du Messager d’Allah .»

Abû Hanîfa (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Quand la tradition du Messager d’Allah nous parvient, nous l’acceptons très volontiers et de tout cœur. »

As-Shâfi’î (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Le jour où on me rapportera un hadith authentique et que je ne le mettrai pas en pratique (ou : que je ne le prendrai pas), alors sachez que j’aurai perdu la tête. » Il a aussi dit : « Quand je vous dis quelque chose de contradictoire à une tradition du Messager d’Allah , jetez ma parole contre le mur. »

L’imâm Ahmad ibn Hanbal (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Ne m’imitez pas aveuglément, ni Mâlik ou As-Shâfi’î, mais prenez de la source de laquelle nous prenons. » Il a aussi dit : « Je suis étonné de certaines gens qui connaissent les chaînes des traditions du Messager d’Allah et leurs authenticités, mais ils croient en la parole de Sufyân tandis qu’Allah dit : « ... Que ceux qui s’opposent à son ordre prennent garde qu’une épreuve ne les atteigne, ou que ne les atteigne un châtiment douloureux. » Puis il dit : « Savez-vous ce qu’est cette calamité ? Cette calamité, c’est l’idolâtrie (As-Chirk). Il se peut que s’il rejette quelques paroles du Prophète sws, ceci déviera son cœur et le mènera vers sa propre perte. »

Al-Bayhaqî a rapporté que Mujâhid ibn Jabr, l’éminent Tâbi’î a dit au sujet de la Parole d’Allah : « ... Portez vos différends devant Allah et le Prophète… » qu’elle signifie : « Référez-vous à Son Livre et à la Sounna. »

Al-Bayhaqî a aussi rapporté qu’Az-Zuhrî a dit : « Ceux parmi nos savants qui nous ont précédés disaient que le fait de s’accrocher à la Sounna est le salut (ou la délivrance de l’égarement). »

Muwaffiq ud-Dîn ibn Qudâma a dit dans son livre Rawdhat un-Nâdhir, quant aux sources des lois (Usûl al-Ahkâm): « La deuxième source parmi les preuves est la Sounna du Messager d’Allah . La parole du Messager d’Allah reste une preuve prouvant le miracle de sa véracité ; Allah a ordonné [aux hommes] d’obéir [au Prophète], et a mis en garde contre le fait de contester son ordre. »

Ibn Kathîr a dit, en commentant le verset : « ... Que ceux qui s’opposent à son ordre prennent garde qu’une épreuve ne les atteigne, ou que ne les atteigne un châtiment douloureux. » « ... C’est-à-dire qui s’opposent aux commandements du Prophète sws, qui sont le chemin tracé par lui, sa ligne de conduite, ses enseignements et ses lois. Les paroles et les actes des gens doivent être comparés aux paroles et aux actes du Prophète sws. Ce qui s’y conforme est accepté et ce qui le contredit est rejeté. »

On rapporte dans les deux Sahîh, ainsi que dans d’autres recueils, que le Messager d’Allah a dit : « Celui qui fait un acte qui n’est pas conforme à notre religion, il est rejeté. » , c’est-à-dire que celui qui contredit la Sharî’a secrètement ou ouvertement doit craindre que « ne l’atteigne une épreuve » dans son cœur, c’est-à-dire la mécréance, l’hypocrisie, ou l’innovation (l’hérésie) « ou un châtiment douloureux » dans ce bas-monde, comme l’assassinat, la peine légale, l’emprisonnement ou autre. »

L’Imâm Ahmad a mentionné qu’Abû Hurayra a rapporté la parole suivante du Messager d’Allah : « Mon exemple et le vôtre sont comparables à un homme qui allume un feu. Quand les flammes éclairent les alentours, les papillons nocturnes et d’autres insectes y tombent. L’homme essaie de les sauver mais sans toutefois réussir. » Puis le Prophète sws dit : « Et moi j’essaie de vous rattraper par vos ceintures pour vous empêcher d’y tomber, mais malgré cela, vous vous obstinez à y tomber. » As-Suyûtî a dit dans son livre Miftâh ul-Janna fil-Ihtijâj bis-Sounna : « Sachez - qu’Allah swt vous accorde Sa miséricorde - que celui qui nie la tradition du Prophète - que ce soit en parole ou action rapportée sous les conditions connues dans les sciences de la jurisprudence - comme preuve, commet l’acte d’infidélité (Kufr) et sort de l’islam. Il sera ressuscité avec les juifs et les chrétiens ou avec les mécréants qu’Allah voudra. »

 

Cheikh Abd El 'Aziz Ibn Baz

 

 

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