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Les liens
de la foi.
Les liens qui unissent les gens sont de
différents types. Les gens se regroupent,
par exemple, en tribus, nations, pays et/ou
nationalités. Différentes nationalités
peuvent également se réunir sous une même
bannière si elles sont liées par une même
religion ou par des intérêts communs. Les
liens de parenté ou de descendance sont
connus pour avoir formé la base des
premières sociétés humaines. Lorsque l’islam
est apparu, les gens étaient rassemblés par
tribus, comme dans la Péninsule arabique, entre
autres; ou alors par nationalités, comme en
Perse, ou enfin par groupes religieux comme
dans l’empire byzantin.
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L’islam a fait du lien de la foi la base la plus
importante sur laquelle doivent se fonder les gens pour
s’unir, tout en permettant et même en encourageant les
autres liens, comme les liens familiaux, à la condition
qu’ils n’entrent pas en conflit avec ce principe. C’est
ainsi que l’islam a établi des lois ayant trait, par
exemple, à la sécurité sociale et à l’héritage, ainsi
qu’aux relations avec les voisins et aux droits de ces
derniers. La loi islamique régit également les
relations entre les membres d’un même clan et la
coopération dont ils doivent faire preuve dans le
paiement des rançons, tout comme elle régit les
relations entre les membres d’une même ville, en donnant
aux pauvres, par exemple, la priorité pour recevoir la
zakat des riches de la ville.
Mais ces relations ne doivent jamais entrer en conflit
avec les liens de la foi. Elles sont invalidées si elles
violent ou nuisent aux principes de la foi. En islam,
le concept de communauté repose sur la foi. Le lien
vis-à-vis des coreligionnaires a préséance sur tout
autre lien fut-il paternel, filial, conjugal ou tribal.
C’est ainsi que Abou Oubaydah a combattu son propre
père, qui était un idolâtre, et l’a tué lors d’un
affrontement à la bataille de Badr. Et c’est avec une
certaine indifférence qu’il a vu le corps de son père
être traîné puis jeté dans le puits de al-Qabil, à Badr.
Ibn Ishaq a dit: « Ibn Wahab, un des confédérés de Banou
‘Abd al Dar, me raconta que lorsque le Prophète sws
reçut les prisonniers de guerre (de Badr), il les
distribua parmi ses compagnons et dit à ces derniers : «
Traitez-les convenablement.
» Abou ‘Aziz ibn ‘Omayr ibn Hashim, le frère de sang de
Mous’ab ibn ‘Omayr, se trouvait parmi les prisonniers.
Abou ‘Aziz dit : « Mon frère passa près de moi et dit à
l’Ansari qui était chargé de me garder : « Ne le libère
pas. Sa mère est riche; peut-être te paiera-t-elle une
rançon pour le faire libérer. »
Ibn Hisham a dit : « Cet Abou ‘Aziz était le porteur
d’étendard des Moushrikines (associateurs); en fait, il
avait pris la place de al-Nadr ibn al-Harith, qui venait
d’être tué. Lorsque son frère (Mous’ab) parla à Abou
al-Yousr, qui en avait la garde, Abou ‘Aziz lui dit : «
Ô mon frère! Est-ce là la recommandation que tu as à
faire à mon sujet ? » Mais Mous’ab lui répondit : « Il
(Abou al-Yousr) est mon frère, mais pas toi. »
At-Tirmidhi a rapporté, avec un isnad qu’il a qualifié
de hassan sahih : « Ibn Abou ‘Omar nous a dit que
Soufyan lui avait raconté la chose suivante, rapportée
par ‘Amr bin Dinar qui entendu Jabir ibn ‘Abdallah dire
: « Nous étions en campagne [Ici, Soufyan dit : « Ils
croient que c’était la campagne contre Banou al
Moustaliq.] lorsque l’un des Mouhajiroun poussa l’un des
Ansars… ‘Abdallah ibn Oubayy ibn Saloul l’apprit et dit
: « Les choses sont-elles vraiment allées aussi loin ?
Par Allah, lorsque nous serons de retour à Médine, le
plus fort se débarrassera du plus faible. » Son fils,
Abdallah ibn ‘Abdallah lui dit alors : « Par Allah, tu
n’y retourneras pas avant d’avoir admis que c’est toi,
le plus faible, et que le Messager d’Allah est le plus
fort. », et il finit par l’admettre.
‘Abdallah ibn ‘Abdallah ibn Oubayy traitait son père
convenablement et le respectait, mais pour lui, les
liens de la foi avaient priorité sur ses liens
familiaux. Alors quand il vit son père insulter les
musulmans, il offrit au Prophète sws de tuer son père et
de lui apporter sa tête.
Le Coran explique la priorité des liens de la foi dans
l’histoire de Noé (que la paix soit sur lui) et de son
fils :
«
Et Noé invoqua son
Seigneur et dit : « Ô mon Seigneur, certes mon fils est
de ma famille et Ta promesse est vérité. Tu es le plus
juste des juges. » Il (Allah) dit : « Ô Noé! Il n’est
pas de ta famille car il a commis un acte infâme. Ne me
demande pas ce dont tu n’as aucune connaissance. Je
t’exhorte afin que tu ne sois pas du nombre des
ignorants.
» (Sourate 11 Versets 45-46)
Allah swt a expliqué qu’en dépit du fait que le fils de
Noé était lié à lui par le sang, il n’était pas vraiment
un membre de sa famille parce qu’il avait renié la
vérité et ne croyait ni en Allah ni en Son prophète. Le
Coran donne la raison pour laquelle les liens entre Noé
et son fils ont été rompus, lorsqu’il affirme : « Il
n’est pas de ta famille car il a commis un acte infâme.
». Si un lien aussi étroit que celui-là peut être rompu
parce qu’il entre en conflit avec la foi, il va de soi
que les liens fondés sur la race, la couleur et la
nation seront également rompus s’ils entrent en conflit
avec les intérêts de la foi.
L’islam a limité les liens de fraternité et d’amitié aux
croyants uniquement. Allah dit : «
Les croyants sont des frères.
» (Sourate 49 Verset 10)
Il a interdit l’amitié (intime) entre les croyants et
les mécréants, qu’ils soient associateurs, juifs ou
chrétiens, même s’il s’agit de leurs père et mère, de
leurs frères et sœurs ou de leurs fils et filles, et Il
a affirmé sans équivoque que ceux qui font fi de cette
règle se rendent coupables d’un péché. Donc le fait,
pour un croyant, de prendre pour ami intime un mécréant
constitue un grave péché. «
Ô vous qui croyez !
Ne prenez pas pour alliés vos pères et vos frères s’ils
préfèrent la mécréance à la foi. Et quiconque parmi
vous les prend pour alliés… ceux-là sont les injustes.
» (Sourate 9 Verset 23)
Le Coran met toutes les relations et tous les intérêts
mondains du musulman sur un plateau de la balance et met
son amour pour Allah, Son Messager sws et sa lutte pour
la cause de l’islam sur l’autre plateau. Il met en
garde les croyants contre le fait de donner préséance à
leurs intérêts sociaux et à leurs relations avant leur
foi.
Allah dit : «
Dis : « Si vos pères,
vos enfants, vos frères, vos épouses, vos clans, les
biens que vous gagnez, le négoce dont vous craignez le
déclin et les demeures qui vous sont agréables vous sont
plus chers qu’Allah, Son messager et la lutte dans le
sentier d’Allah, alors attendez qu’Allah fasse venir Son
ordre [l’accomplissement de Sa menace]. Et Allah ne
guide pas les gens pervers.
» (Sourate 9 Verset 24)
Ces versets de la sourate at-Tawbah ont été révélés pour
encourager les musulmans à la hijrah (migration) à
Médine, où ils devaient aller défendre le nouvel État
islamique qui venait d’y être créé. Les nobles
compagnons du Prophète sws réussirent à passer au
travers de cette épreuve; ils abandonnèrent leur
famille, leurs biens et leurs propriétés qui leur
étaient chers et allèrent vivre à Médine par amour pour
Allah swt et Son Messager sws et pour lutter pour la
cause de l’islam.
C’est donc sur la base de l’islam que fut fondée la
société de Médine. C’était une société basée sur la foi
et entièrement soumise à l’islam, qui reconnaissait
uniquement l’amitié et la protection mutuelle reposant
sur la foi en Allah swt et en Son Messager sws. C’est
là le plus noble de tous les liens unissant les êtres
humains. Les croyants sont les amis et les protecteurs
les uns des autres et ils éprouvent de l’empathie les
uns pour les autres. (Abou Daoud, Nasa’I, ibn Majah).
La communauté musulmane est ouverte à tous et n’importe
qui peut s’y joindre, indépendamment de sa couleur, de
sa race, de son sexe ou de sa nationalité.
Cheikh
Akram Diya Al-Omari
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